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Un autre pays glisse vers le terrorisme, après le Mali, le Bénin, la Côte d'Ivoire: le Togo.


Le Togo, futur cluster du terrorisme en Afrique ? 1/2





Menacés par la propagation d’activités terroristes en provenance du Sahel, les pays d’Afrique de l’Ouest se préparent à un nouveau défi territorial. C’est le cas du Togo, pays dont nous prendrons aujourd’hui l’exemple. Malgré la préparation du gouvernement togolais, les terroristes ont enclenché leur stratégie de «pénétration par étapes».Une menace terroriste déjà présente

Jusqu’alors, le Togo paraissait visiblement épargné. Pourtant, tout comme le Bénin et la Côte d’Ivoire, il serait déjà le berceau de cellules dormantes radicalisant les populations à l’aide d’écoles coraniques et de mosquées. L’émergence d’associations caritatives en est une première étape. Cette conscientisation de masse est généralement financée par des organisations islamiques situées au Qatar ou en Arabie Saoudite. Ainsi en 2019, l’Imam de Dapaong, Maman Amadou, décrivait l’arrivée d’une ONG inconnue prêchant un islam radical. Elle incitait à la construction de mosquées, offrait argent et motos aux populations locales. Cette stratégie de « pénétration par étapes » marque ainsi le début d’un nouveau combat pour le Togo. Servant de zone de repli, les djihadistes se dispersent dans le pays en se fondant parmi les civils. Un cultivateur togolais, interviewé par Slate Afrique, en apporte la preuve : «Ils viennent souvent faire réparer leurs motos chez nous. Ils ne vous diront jamais que ce sont des djihadistes, mais nous le savons. » Exploitant les rivalités inter-ethniques et la vulnérabilité des récoltes face aux changements climatiques, ils recueillent ainsi le soutien des populations locales. Avec 48.2% de la population vivant dans un contexte de pauvreté multidimensionnelle, ces vulnérabilités prennent un caractère crucial pour la population. En effet, les deux tiers des togolais vivent de l’agriculture. Les tensions politiques, dont les manifestations de 2017, sont également utilisées. Le gouvernement en place, présidé par Faure Gnassingbé depuis 2005, en réprima violemment les manifestants. Ces derniers demandaient alors  le retrait du Président, accusé de fraudes électorales et d’actions autoritaires.

De fragiles frontières De l’Iraq et de la Syrie, les militants djihadistes profitent du chaos libyen pour atteindre le Sahel et l’Afrique de l’ouest.  Aux abords du Togo, ce sont les  parcs et forêts à végétation dense qu’ils choisissent pour se réfugier. C’est le cas de la réserve forestière de Pama, à 30 km du Togo, ou des parcs du W et de la Pendjari. Ainsi, les frontières terrestres qui relient les pays côtiers au Sahel, restent difficiles à contrôler. Souvent invisibles géographiquement, elles voient déambuler les villageois, traversant ces frontières pour se rendre au marché. C’est en cette occasion que les djihadistes profitent des terrains embroussaillés pour se mêler à la foule. Le Burkina Faso est, en effet,  séparé du Togo par une rivière asséchée. Ce même pays, a vu une augmentation de décès liés à l’extrémisme de 2150% en quatre ans. Par conséquent, ces frontières terrestres se voient envahies de checkpoints et de patrouilles mobiles afin de les sécuriser. Ce sont 700 soldats qui auraient été déployés dans le cadre de l’opération Koundjoaré, établie en 2018 dans la région des savanes.  Ils surveillent les frontières à l’ouest vers le Ghana, et à l’est vers le Bénin. Ces mêmes frontières sont aussi le site de contrebandes d’ivoire, d’armes, de drogues, de faux médicaments ou encore d’or. Un intérêt djihadiste croissant Accroissant leurs possibilités au Burkina Faso, des groupes tels que Jamaat Nasr al-Islam wal Muslimin (JNIM) et l’État islamique dans le Grand Sahara (ISGS) tournent aujourd’hui leur intérêt vers le Togo, le Ghana et le Bénin. L’accès aux ports et aux divers commerces qui y sont attachés, le possible contrôle des mines d’or ainsi que le point d’accès aux trafics sont autant de raisons économiques attirantes pour ces militants. Pour cette raison, le Togo représente un intérêt particulier en tant que point stratégique de transit commercial.  La vulnérabilité de ces pays en accentue, d’autant plus, l’accès propice. La fragilité de leurs frontières, la corruption locale, les réseaux de trafiquants, le manque d’opportunités médicales et d’éducation (…) tous ces facteurs font du Togo, une porte ouverte à l’expansion du terrorisme.


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